Une étude publiée dans Nature rapporte que des perturbations touchant différents gènes associés à l’autisme peuvent produire des changements similaires dans l’activité génétique. Les chercheurs ont découvert que la modification de l’un ou l’autre de 18 gènes dans des cellules progénitrices neurales humaines entraînait des effets communs, notamment une baisse de l’expression d’autres gènes liés à l’autisme. Ils qualifient ce phénomène de « convergence transcriptomique ».
Ces résultats offrent une explication possible à la manière dont de rares mutations touchant de nombreux gènes aux fonctions différentes peuvent être associées à des caractéristiques biologiques communes de l’autisme. L’équipe de recherche a reconstitué un réseau de régulation génétique et identifié des régulateurs impliqués dans ces effets, dont le gène associé à l’autisme CHD8 et le régulateur candidat REST.
L’étude met également en évidence ZFX, un facteur de transcription lié au chromosome X qui active de nombreux gènes du réseau. Chez les femmes, ZFX est exprimé à partir des chromosomes X actif et inactif, et les chercheurs avancent qu’une expression plus élevée dans le cerveau féminin pourrait contribuer à atténuer les effets de mutations délétères touchant d’autres gènes associés à l’autisme.
Les auteurs indiquent que ces résultats fournissent une explication moléculaire potentielle à l’effet protecteur féminin, c’est-à-dire au constat que l’autisme est diagnostiqué plus souvent chez les hommes et que les femmes autistes ont tendance à porter davantage d’allèles de risque associés à l’autisme. L’étude propose un rôle possible pour ZFX, mais n’établit pas qu’il constitue une cible thérapeutique.
Sources: Neuroscience News.
